Raoul Vaneigem est mort à Barcelone mardi 28 juillet en fin de soirée, à 92 ans, a annoncé au Monde un de ses éditeurs, Nicolas Norrito, cofondateur des éditions Libertalia. Ancien membre de l’Internationale situationniste (IS) et écrivain prolixe, Raoul Vaneigem n’aura cessé d’inviter à une « insurrection de la vie quotidienne » contre « le règne de la survie » instauré par la société marchande. Une révolte consignée dans son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967), essai au sein duquel l’insurgé assure que « nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui ».
Cet ouvrage a contribué à l’éclosion du mouvement de Mai 1968, notamment dans les universités de Strasbourg et de Nanterre. Tout comme La Société du spectacle (Buchet-Chastel, 1967) de l’écrivain et révolutionnaire français Guy Debord (1931-1994) et De la misère en milieu étudiant, brochure publiée de façon anonyme en 1966 et rédigée par le syndicaliste tunisien Mustapha Khayati – qui invite à « vivre sans temps mort » et « jouir sans entraves ».
Sa prise de conscience de la condition prolétarienne s’est forgée à Lessines, petite ville ouvrière du Hainaut, province de l’ouest de la Belgique où Raoul Vaneigem est né, en 1934, d’un père cheminot picard et d’une mère d’origine tournaisienne. Une commune connue pour ses carrières de porphyre, une roche magmatique dont on fait des pavés. Une région où naquirent deux artistes surréalistes marquants, le peintre René Magritte et le poète Louis Scutenaire – auquel Raoul Vaneigem consacrera un ouvrage aux éditions Seghers, en 1991.
Encouragé par son père qui aurait lui-même souhaité poursuivre ses études, Raoul Vaneigem s’inscrit en philologie romane à l’Université libre de Bruxelles, de 1952 à 1956. A l’âge de 22 ans, il écrit dans une revue Isidore Ducasse et le comte de Lautréamont dans les Poésies, un poète qui l’accompagnera toute sa vie. Agrégé de lettres, il enseigne à l’Ecole normale de Nivelles dans le Brabant. C’est par l’entremise du sociologue marxiste Henri Lefebvre, référence de toute une génération, notamment pour ses travaux publiés dans Critique de la vie quotidienne (L’Arche Editeur, 1947), qu’il rencontre Guy Debord et rejoint l’IS en 1961.
From that environment, Di Marca gathered the idea of theater not as simple representation, but as an experience capable of questioning the relationship between art and reality.

