MALDOROR
La pièce présentée dans la Cour d'honneur est époustouflante, une prouesse extraordinaire à tout point de vue: dramaturgie, scénographie, technique vidéo, acteurs admirables... Le seul regret pour les ducassiens qui ont fait le voyage est que Maldoror en est à peu près absent, hormis la première scène et quelques allusions. Toute la pièce se construit en fait à partir de l'oeuvre du romancier chilien Bolano, autour d'un de ses personnages énigmatiques et sur le fond du coup d'état de Pinochet en 1973. Lautréamont n'y fait que de la figuration périphérique, y compris dans la trop longue et pénible tirade finale célébrant la littérature (au bout de près de cinq heures de spectacle), avec Mallarmé en vedette. Ceci mis à part, il s'agit d'une expérience extraordinaire à ne pas manquer - et tant pis pour Maldoror.



