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6/30/2017

Maldoror au Festival d'Avignon

Le Journal La Terrasse, bien connu des amateurs de théâtre, publie dans son spécial Avignon cet entretien avec Michel Rachline :

Le Petit Louvre / d’après Joseph Conrad / mes Michel Raskine
Le Petit Louvre / de Lautréamont / mes Michel Raskine

AU CŒUR DES TÉNÈBRES / MALDOROR – CHANT 6

Publié le 25 juin 2017 - N° 256

Pour la première fois présent dans le Off, Michel Raskine est à l’affiche du Petit Louvre avec deux spectacles : une adaptation d’Au Cœur des Ténèbres de Joseph Conrad et le dernier des Chants de Maldoror de Lautréamont.    
Crédit photo : Venkat Damara
Légende : Le metteur en scène Michel Raskine.
Crédit photo : Venkat Damara Légende : Le metteur en scène Michel Raskine.
Qu’est-ce qui vous a amené à présenter deux spectacles dans le Off, au Théâtre Le Petit Louvre ?
Michel Raskine : C’est un peu l’occasion qui a fait le larron, si je peux dire. J’aime bien quand les choses arrivent comme ça, au théâtre, que l’on se dit : « Et si l’on faisait ça »… Il se trouve que je connais bien Martine Spangaro, la directrice artistique du Petit Louvre. Une longue et profonde amitié nous unit. Quand nous avons parlé ensemble de la possibilité de présenter mon travail dans le cadre de sa programmation, il y a quelques mois, j’ai pensé à Au Cœur des Ténèbres, l’un des spectacles les plus légers que j’ai créés récemment (ndlr, en 2015, au Théâtre de L’Elysée, à Lyon). Mais l’idée d’aller à Avignon uniquement pour une reprise ne me satisfaisait pas vraiment. J’ai donc décidé de créer un autre spectacle, spécialement pour Le Petit Louvre, en me soumettant aux contraintes qu’impose l’économie du Off : élaborer une représentation dont le décor se monte en dix minutes.
C’est ainsi qu’est né Maldoror – Chant 6, tiré des Chants de Maldoror
M. R. : Oui, je me suis dit que pour répondre à la légèreté de la forme, il fallait un très grand texte. Comme pour Au Cœur des Ténèbres, j’ai pris le parti de l’adaptation, de la version scénique, me concentrant sur la dernière partie de l’œuvre de Lautréamont… Alors que j’ai très longtemps été attaché à créer des spectacles de texte, en investissant le champ des écritures contemporaines, je me suis ici laissé inspirer par le mouvement théâtral actuel qui tend à prouver que l’on peut raconter des choses avec des fragments. Ces deux propositions ne se veulent pas exhaustives. Ce sont des visions théâtrales à partir des écritures de Conrad et Lautréamont.
« Des visions théâtrales à partir des écritures de Conrad et Lautréamont. »
Qu’est-ce que ces visions révèlent de votre univers de metteur en scène ?
M. R. : Ces deux spectacles révèlent un théâtre pour acteurs, par les acteurs et offert aux acteurs (ndlr, Damien Houssier, Thomas Rortais, René Turquois interprètent Maldoror – Chant 6 ; Marief Guittier et Thomas Rortais interprètent Au Cœur des Ténèbres). Ce sont des propositions extrêmement adressées, qui induisent un rapport au public radical. Toutes deux portent un théâtre-récit issu du XIXème siècle, mais qui offre des échos immédiats avec notre époque. Le discours anticolonialiste de Conrad par exemple, dans Au Cœur des Ténèbres, claque aux oreilles !

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat


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