Maldoror : Le site

Tout sur Isidore Ducasse et Lautréamont.
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2/02/2018

La réception de Lautréamont de 1870 à 1917

Tel est le titre de la thèse que soutiendra Kevin Saliou le vendredi 16 mars 2018, Faculté des lettres Victor Segalen à Brest, à 14h en salle des thèses. 
Le jury: Anthony Glinoer, Véronique Léonard, Yann Mortelette, Michel Pierssens, Arnaud Sales, Jean-Luc Steinmetz. 
Thèse en cotutelle: UBO (Y. Mortelette) et Université de Montréal (M. Pierssens).

Résumé:

On attribue généralement la redécouverte de Lautréamont aux surréalistes, et notamment à André Breton, Philippe Soupault et Aragon, qui l’ont porté aux nues. Cependant, on sait depuis les travaux de Maurice Saillet que la véritable redécouverte des Chants de Maldoror s’est faite en 1885, quinze ans après la mort de l’auteur, dans les milieux symbolistes belges et plus précisément auprès des auteurs de la revue La Jeune Belgique. La première réédition a fait l’objet d’une querelle entre Léon Genonceaux et Léon Bloy, qui revendiquait Maldoror comme sa propre découverte, et dans la dernière décennie du siècle, le Mercure de France, par l’action de Remy de Gourmont, d’Alfred Jarry et de Rachilde, a relancé la vogue maldororienne. Dans les milieux fin-de-siècle, la réception de Lautréamont ne va cependant pas de soi : elle crée débat, elle suscite des réactions contrastées et des désapprobations. Si l’on constate que l’œuvre circule, qu’elle est lue et discutée, on s’est moins penché sur la question de sa réception et des problèmes qu’elle soulève. Maldoror est au cœur des préoccupations esthétiques de ceux qu’on appelle les décadents. Pendant toute la période, il est sans cesse comparé à son double, Rimbaud, qui n’a pas encore pris le pas. Au tournant du siècle, l’engouement pour Lautréamont s’estompe, mais pourtant sa présence est encore souterraine et elle accompagne les avant-gardes : l’Esprit Nouveau cher à Apollinaire, le futurisme de Marinetti ou encore le dadaïsme naissant en Allemagne et en Suisse, sont autant de mouvements qui vont forger une modernité par des moyens radicaux, en interrogeant le fondement même de la poésie et le rôle de l’Art, comme Isidore Ducasse avait pu le faire dans son œuvre. Ce n’est pas un hasard si 1913 voit la réimpression de quelques strophes des Chants, strophes qui seront célébrées par Valéry Larbaud, mais surtout lues par les jeunes gens qui formeront bientôt le surréalisme. 
L’objectif de cette thèse est de montrer qu’il existe un mythe de Maldoror avant 1917, date présumée de la rencontre du livre avec André Breton. On interrogera les différentes lectures qui ont été faites tout au long de ces quarante-cinq années où Lautréamont n’a pas été relégué dans l’oubli, mais au contraire lu abondamment et méthodiquement au point de marquer fermement la réflexion des écrivains qui ont cherché à sortir d’un siècle de romantisme finissant. Comme il y a un Maldoror surréaliste, comme il y en a un structuraliste, il se dessine la figure d’un Maldoror décadent et moderniste dont les caractéristiques répondent aux questionnements d’une époque. Il s’agit de se demander quelle vision de l’auteur domine, notamment à travers la thèse de la folie du poète, véhiculée avec force par ses premiers lecteurs, mais aussi ce que l’on retient de l’œuvre et ce que l’on en fait. Cette image s’élabore en Belgique et en France, avant de s’exporter dans les autres pays d’Europe, notamment en Hollande et en Italie. Enfin, le livre est rapporté Amérique latine par le poète Ruben Dario, où il trouve un public particulière attentif qui accueille l’œuvre d’Isidore Ducasse, né en Uruguay, comme celle d’un enfant du pays. L’étude du mythe, au sens d’élaboration commune d’une image fantasmée du poète, se double donc d’une dimension sociologique : pour comprendre comment se construit le Lautréamont des décadents et des symbolistes, il importe de retracer d’abord sa diffusion dans les milieux littéraires de l’époque. On met ainsi en évidence un réseau de lecteurs qui confirme qu’en cinquante années de diffusion souterraine, Les Chants de Maldoror n’ont jamais cessé d’être lus. 
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12/22/2017

Gérard Touzeau avait déjà résolu l’une des énigmes les plus impénétrables de la recherche ducassienne en nous révélant l’identité véritable de Louis Durcour, dont nous savons désormais grâce à lui qu’il s’appelait en fait Louis D’Hurcourt. C’est maintenant au tour d’Antoine Milleret, ce garçon d’hôtel qui fut peut-être celui qui découvrit le cadavre d’Isidore le 24 novembre 1870. Philippe Soupault était probablement l’initiateur de l’appel lancé par voie de presse en 1927 par les Éditions du Sans-Pareil pour rechercher les inconnus dont les noms apparaissaient dans le sillage de celui de Ducasse. Dans le cas de Milleret, il aura donc fallu 90 ans pour obtenir la réponse. On mesure tout de ce que l’exploit a de remarquable. On n’attend donc plus de Gérard Touzeau qu’une enquête complète sur Jules François Dupuis, le patron de Milleret, présent sur place lui aussi.
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